Sur le terrain

La CFDT mobilisée pour les conditions de travail et le pouvoir d’achat des salariés des EPHAD et des services à la personne

Dans le cadre de l’action initiée par la CFDT Bretagne "Vivez ce que vous décidez !", le syndicat des Services CFDT du Finistère a participé avec la CFDT Interco et Santé Sociaux à l’opération qui avait pour but de faire remonter aux politiques, les difficultés rencontrées dans les EPHAD, le maintien à domicile, les Services à la Personne, et les Salariés du particulier employeur, qui s’occupent de personnes âgées ou handicapées.

Ces difficultés étant engendrées par des politiques publiques sources de maltraitance institutionnelle envers les bénéficiaires, d’inégalité de traitement sur les territoires et de casse sociale pour les salariés.

Rappelons que la fréquence des accidents est devenue particulièrement forte dans ces métiers.

« La branche AT/MP avance le taux de 92,7 AT pour 1 000 salariés en 2015, soit un bond de + 3,4 %. En cause ? La manutention manuelle et les chutes inhérentes à la pratique de ces métiers. De quoi alimenter l’autre enseignement majeur de ce bilan : les lombalgies gagnent du terrain. En dix ans, dans le secteur des services, le nombre de maux de dos entraînant un arrêt maladie a augmenté de plus de 2 200 cas par an alors qu’il diminuait de 1 100 cas par an dans l’industrie, par exemple » source CNAM.

Avec une moyenne d’âge de 46 ans en 2015, et peu diplômés, les salariés de ce secteur sont très majoritairement des femmes (87,3 % en 2015).

On constate que depuis 2004, leurs conditions de travail et d’emploi évoluent de manière assez défavorable en comparaison avec la population en emploi salarié, malgré une croissance plus forte du niveau de diplôme dans le secteur.

Les salariés de prestataires ont des conditions de travail moins favorables, avec notamment des horaires de travail plus atypiques et des salaires horaires plus faibles, les frais kilométriques non remboursés pèsent lourdement sur leur reste à vivre.

Les salariés du particulier employeur bénéficient très peu des services de santé au travail, pourtant obligatoires. Tout repose sur la mise en place effective de l’accord signé en 2016, qui devrait être applicable en 2019.

Les inégalités sur les territoires sont aussi du fait des politiques de prise en charge des dossiers APA qui sont différentes d’une conseil Départemental à l’autre, et en contradiction la plupart du temps avec les règles du droit du travail et des CCN (temps de prestation, délivrance médicaments, actes médicaux etc..).

Enfin, les niches fiscales ne sont pas toujours là où on les attend, et c’est ainsi qu’on constate qu’en 2012 par exemple, 10% des employeurs les plus aisés, avaient capté plus de 43% des avantages fiscaux des Services à la personne, au détriment des bénéficiaires les plus pauvres et des salariés du secteur.

Pour appuyer l’ensemble de ces revendications, les salariés des EPHAD ont signé des blouses dans les résidences, certains résidents se sont joints à eux. Pour notre part, les Salariés du Particulier employeur et des SAP, ont donné leur consentement pour que nous mettions une partie de leur nom sur un tee-shirt CFDT SPE.

Une délégation CFDT doit être reçue par le Député Richard Ferrand sur sa permanence de Châteaulin (29), dès que possible.

A lire : "Vivez ce que vous décidez !" 

[Congrès CFDT] Intervention de la fédération des Services sur le rapport d’activité [+Vidéo]

Rapporteur : Olivier Guivarch

Chers camarades,

Les quatre dernières années que nous venons de vivre ont été éprouvantes à bien des égards pour les salariés de nos secteurs.

  1. La technologie du numérique et de l’automatisation transforment en profondeur nos entreprises et le travail. Parallèlement, des modèles comme le commerce associé et franchisé s’imposent. Les habitudes des consommateurs changent aussi, les entreprises doivent s’adapter ou disparaître.

Il y a 4 ans, nous disions déjà que les changements n’attendent pas les gouvernements.

Les suppressions d’emplois ont concerné des activités qui étaient jusqu’ici épargnés, en particulier dans le commerce de détail.

Notre société est fragile.

Dans beaucoup de nos secteurs, des travailleuses et travailleurs cumulent les fragilités :

  • Des femmes particulièrement exposées aux temps partiels subis et aux bas salaires ;
  • Des migrants et des personnes perçues comme tel souvent victimes de racisme et de discrimination ;
  • Des salariés avec peu ou pas de formation initiale (les plus menacés par le chômage) ;
  • Des salariés qui sont arrivés dans un emploi sans l’avoir vraiment choisi, poussés par le besoin.

Notre revendication de droits attachés à la personne est tout à fait adaptée aux parcours professionnels des salariés des Services, pour qui il n’existe pas de statut, de concours, mais plutôt des métiers en constante mutation, des reconversions et des périodes de recherche d’emploi.

  1. Beaucoup de nos entreprises sont récentes, avec une faible culture du dialogue social et dans lesquelles il nous faut d’abord agir pour faire reconnaître le fait syndical.

Je voudrais ici pointer l’immense responsabilité que portent les directions d’entreprise et les organisations patronales.

Ce sont leurs décisions, leurs blocages, leur volonté de ne pas trouver un compromis, de ne pas partager la stratégie, de ne pas améliorer la vie au travail qui ont un impact immédiat pour les travailleurs.

Certes nos équipes ont aussi été noyées sous les réformes, notamment celles relatives aux IRP (en 2015, 2016 et 2017). Mais dans nos secteurs, c’est bien le patronat qui détient le pouvoir, qui organise le travail, qui procède aux choix économiques, pas les gouvernements.

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. » Les employeurs et les organisations patronales portent donc une grande responsabilité par leur conservatisme durant cette mandature.

  1. Dans ce contexte, le travail d’une fédération, c’est bien de lier le quotidien, le syndicalisme de soutien, d’urgence souvent, à la réflexion pour le moyen et le long terme.

Et il nous faut le faire quelles que soient les alternances politiques, quels que soient les changements de DRH, de dirigeants, d’actionnaires.

Nous gardons précieusement notre boussole, celle qui indique les intérêts des salariés et l’intérêt de leur entreprise dans un environnement concurrentiel.

Là où le dialogue social existe, nous obtenons des résultats : le temps partiel à 24h voire avec un plancher plus haut, la montée en puissance du CDI intérimaire, des études de prospective des métiers dans plusieurs branches, des grilles de salaire qui décollent du SMIC, une organisation du travail respectueuse des besoins et contraintes des salariés, des représentants de proximité, la régulation du travail dominical.

Mais sur ce dernier point comme pour beaucoup d’autres, il n’a pas toujours été possible de trouver un compromis, voire même de négocier.

La crise du paritarisme n’est pas de notre responsabilité, nous n’avons pas à nous justifier. La CFDT n’a pas à porter la responsabilité pour deux, pour trois, quatre lorsque d’autres organisations s’avèrent incapables de s’engager.

  1. Nos équipes se reconnaissent pleinement dans notre type de syndicalisme. Concret, au plus près de la réalité au travail, dans la recherche de solutions, dans l’anticipation, représentatif des travailleuses et des travailleurs.

Nos équipes ne sont pas dans la déploration : elles agissent. Elles ont pris leur juste part dans le bilan de la CFDT sur ces quatre dernières années : en construisant un syndicalisme proche des salariés, dans le quotidien, qui répond aux questions qu’ils se posent.

La fédération les a accompagnées, en participant activement à la réussite de Réponse à la carte en soutien des syndicats fortement sollicités.

Notre légitimité tient à notre nombre d’adhérents, en croissance dans la mandature et le nouveau calcul nous va bien puisque la fédération a pris la première place au sein de la CFDT, ce qui nous donne bien plus d’obligations pour l’avenir.

Notre légitimité tient aussi à nos résultats électoraux. Nous avons encore beaucoup à faire pour être premiers dans plus de branches, pour exister dans les petites entreprises, auprès des salariés du particulier employeur et assistantes maternelles. Restons modestes.

La fédération des Services s’engage devant vous à poursuivre les combats syndicaux, à relancer l’adhésion, à susciter des engagements et à accompagner nos représentants dans leur mandat, à aider les plus fragiles à faire valoir leurs droits, à cheminer ensemble sur la voie de la justice sociale.

L’adversité est à l’extérieur et elle est vive. Manifestons notre cohérence et notre unité qui sont notre force en adoptant le rapport d’activité sans partage !

Restons nous-mêmes, nous n’avons plus besoin de nous comparer et de nous définir par rapport à d’autres.

Nous sommes des militants de la démocratie sociale, engagés dans les entreprises, capables du rapport de force, capables de dialogue, toujours dans la proposition d’un bien commun accessible.

« Que quelque chose persiste en changeant, voilà ce que signifie durer » : les injustices et les inégalités ne disparaîtront pas.

Le monde du travail, ancien ou nouveau, a besoin du syndicalisme, et le syndicalisme a besoin de la CFDT.

Regardez la vidéo de l'intervention ci-dessous.

Les syndicats CFDT Services se réunissent à Bordeaux pour leur conseil national fédéral

Responsables et militants des syndicats de la CFDT-Services participeront au conseil national de la Fédération des Services (CNF) qui se tiendra du mercredi 28 au vendredi 30 mars à Bordeaux

Au programme de ces trois jours :  les interventions des syndicats et de la fédération sur l’actualité revendicative, des ateliers sur les ordonnances et les transitions technologiques, sujet qui fera  également l’objet d’une table ronde le mercredi aprtès-midi.

La dernière matinée du CNF sera consacrée à des échanges sur l’évolution de la CFDT,  suivis d’un débat avec Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT,  sur les enjeux du congrès confédéral. 

Retour sur la mobilisation des salariés de Carrefour avec la CFDT

Près de 400 salariés de Carrefour, venus de toute la France, se sont rassemblés devant le centre commercial de la Place d'Italie pour protester contre les conditions du plan de restructuration du Groupe Carrefour et l'impact sur le pouvoir d'achat et les droits des salariés concernés par les mises en location-gérance des magasins. 

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, est venu soutenir les salariés et l'équipe de la CFDT Carrefour dont il a rappelé les revendications "Il faut une année blanche sur le versement des dividendes. Mais au-delà de ça le combat se mène aussi sur la question du devenir de chaque salarié. Il faut garantir le parcours professionnel des salariés dont l'emploi va être menacé, avec de vraies mesures d'accompagnement et de reclassement au sein du groupe".

Une délégation CFDT, composée entre autres du secrétaire général de la CFDT-Services Olivier Guivarch et de Sylvain Macé, délégué syndical de groupe, a été reçue dans l'après-midi à la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). 

Lors de cette rencontre, la CFDT a insisté sur :

  • L’absence d’anticipation aux transformations du modèle économique.
  • La vulnérabilité et l’angoisse vécues par beaucoup de salariés face aux perspectives inconnues.
  • Geste symbolique en fin de rdv : la cfdt a remis les accords d’entreprise Carrefour dénoncés par la mise en location gérance ainsi que l’état des lieux du parc des magasins Carrefour Market (120 magasins en location gérance en 10 ans, 5000 salariés)

La FCD n'a pas voulu réagir précisément à la situation d’un adhérent de sa fédération, et la CFDT le comprend bien. La FCD est néanmoins partante pour réfléchir sur du dialogue social adapté aux réseaux de franchise et d’indépendants de type coopératif et conçoit que la branche doit être plus attentive aux difficultés de certains cadres en situation de reconversion ou repositionnement, notamment en cas de départs volontaires dans les sièges sociaux.

Dans un communiqué diffusé le jour de cette première grande mobilisation, le comité directeur  UNI Commerce, l'un des secteurs de l'organisation syndicale internationale Uni Global Union a affiché sa solidarité avec les salariés du groupe.

 

Voir le reportage de la CFDT : Paroles de salariés adhérents CFDT de Carrefour 

Lire le communiqué de presse de l'appel à mobilisation

Lire le communiqué de l'organisation syndicale internationale Uni Global Commerce

Signer la pétition pour que les dividendes des actionnaires soient plutôt utilisés à l'accompagnement des salariés

 

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Voir la vidéo 

[Parole de militant.e] La CFDT Boulanger s’affiche en grand.

Image2La Fédération des Services CFDT accompagne l’équipe syndicale de Boulanger dans sa campagne de développement. Anne-Sophie Carpentier, déléguée syndicale centrale (DSC) nous parle des actions menées par la CFDT Boulanger dans les magasins, les entrepôts et au siège.

CFDT Services - Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de vous afficher en grand ?

Anne-Sophie – Notre stratégie de développement repose principalement sur la communication et l’utilisation des différents outils disponibles. Cela nous permet de toucher un maximum de salariés. L’affichage grand format, dans un axe de circulation important, était inédit pour nous et nous avons réalisé une affiche avec un message adressé aux 600 salariés du siège, notamment aux cadres qui sont très peu syndiqués. Cette initiative permet aussi de faire un coup de pub à la CFDT en général. Etre connu et reconnu est important pour notre action.

CFDT Services - Quels objectifs vous êtes-vous fixés avec cet affichage ?

Anne-Sophie – Beaucoup de salariés ont une mauvaise image du syndicalisme, souvent par méconnaissance. Nous voulons montrer que le syndicalisme a évolué et que l’action de la CFDT s’inscrit dans une démarche constructive et responsable ; d’autant plus que nous avons la chance d’être dans une entreprise qui se développe beaucoup, qui sait s’adapter aux évolutions du marché. Cet affichage est une expérimentation qui montre aux adhérents que nous sommes actifs. Nous espérons aussi qu’elle permettra d’engager des discussions autour de la CFDT et de provoquer des adhésions. Les résultats se verront à long terme.  

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