Qualité de vie au travail dans les professions judiciaires : les objectifs de la CFDT

La CFDT relève, depuis 2014, une montée en charge des « appels au secours » par les salariés des professions judiciaires en situation de burnout.

Une des enquêtes menées par l’Observatoire des Métiers en 2015/2106 dans les Professions Libérales (OMPL) vient confirmer ce constat (résultat dans le présent bulletin de branche).

Dans le notariat, l’enquête lancée fin 2015 par l’institut BVA, à la demande de la CRPCEN, a permis de constater une sur-déclaration de détresse psychologique et d’état dépressif majeur par rapport à la population générale.

Plus récemment, le journal Les Echos, en publiant son article en juin dernier intitulé « Les 10 pires jobs selon les salariés français », a asséné le dernier coup en restituant le résultat de la plateforme « meilleures-entreprises.com » sur le classement des métiers où les salariés sont les moins heureux. Et c’est bien le métier de clerc de notaire qui a décroché « la palme du pire job » avec seulement 10,3% de cette catégorie de salariés qui se disent satisfaits de leur job, suivis par les chefs de publicité (26,5% de taux de satisfaction) puis par les agents de police (27,4%).

Chez les huissiers, c’est l’explosion des « dossiers incapacité/invalidité/inaptitude montrée du doigt par la CARCO qui a alerté la CFDT. Même constat révélé ce mois-ci par la MACIF, l’organisme de prévoyance des salariés des commissaires-priseurs et Offices de Ventes Volontaires !

Effets de la loi Macron s’appliquant aux professions règlementées qui auraient créer du stress dans les cabinets ou études, employeurs peu, voire pas sensibilisés par leurs obligations de veiller à la santé au travail de leurs salariés ? De toute évidence, les causes sont multiples.

Pour la CFDT, cette situation ne doit pas être une fatalité ! Depuis 2016, elle ne cesse de dénoncer ce mal-être au travail. Aussi a-t-elle ouvert dans toutes les branches des professions judiciaires des négociations portant sur la qualité de vie au travail. A la fin de l’année 2017, une première étape devrait être franchie avec la signature d’un accord sur les risques psychosociaux dans chacune de ces branches.

Les objectifs de la CFDT sont clairement identifiés :

  • Augmenter la prise de conscience ainsi que la compréhension des risques psychosociaux par les employeurs et par les salariés,
  • Sensibiliser les employeurs sur le fait qu’ils ont l’obligation d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de leurs salariés,
    • Leur rappeler également qu’ils ont l’obligation de mettre en place et d’assurer le suivi du document unique (obligation rarement respectée dans ces secteurs professionnels),
  • Inciter les employeurs à analyser la répartition du travail dans l’entreprise ainsi que la charge de travail pour chacun des salariés,
  • Rappeler que les heures supplémentaires non payées et non rattrapées relèvent du « travail dissimulé » (constat récurent dans ces professions),
  • Rappeler à l’employeur son obligation de concilier vie professionnelle / vie familiale et personnelle (aménagement temps de travail, horaires…),
  • Garantir aux salariés l’égalité de chances dans le déroulement de leur carrière,
  • Encourager le développement des compétences et l’évolution professionnelle,
  • Développer une politique d’écoute individuelle dans les entreprises…

Ce chantier est certes ambitieux, mais, soyez assurés qu’au vu du résultat des multiples enquêtes, la CFDT ne lâchera rien !

Aller sur le site du syndicat national CFDT des professions judiciaires >>> http://snpj-cfdt.fr/

 

Les employeurs de la sécurité privée tentent un hold-up !

Par arrêté du 27 février 2017 le ministère de l’Intérieur a fixé les conditions dans lesquelles les agents privés de sécurité doivent suivre une formation de maintien des acquis et des compétences de 31 heures pour obtenir le renouvellement de leur carte professionnelle.

Une grande majorité des entreprises du secteur estime que la formation est plus un coût qu’un investissement et une grande partie des effectifs en activités se retrouve en carence de formation.

Depuis l’obligation de détenir des certificats de qualifications professionnelles propres à chaque activité pour l’obtention d’une carte professionnelle, les centres de formations des entreprises de sécurité privée ont gagné le jack pot en formant les demandeurs d’emploi plutôt que leurs propres salariés*.  

La formation :  activité parallèle des entreprises de sécurité

L’Union des entreprises de sécurité privée a ainsi demandé :

  • que la délivrance au titre d’un individu de la carte professionnelle soit obligatoire et relève d’une démarche de l’agent qui devra utiliser son compte personnel de formation
  • que l’enquête ait lieu avant la mise en formation des agents

Pour la CFDT, si la deuxième requête peut s’entendre, la première est un vol manifeste et une contradiction insupportable. La situation économique du secteur est de l‘entière responsabilité des employeurs qui, depuis de nombreuses années et à force d’acquisitions de marchés au plus bas prix, ne permettent plus, selon les entreprises, de refacturer les coûts de formations aux clients.

Le compte personnel de formation peut être une deuxième chance professionnelle pour un salarié qui viendrait à perdre son habilitation, il ne doit pas servir à combler le manque d’engagement des entreprises de sécurité privée pour l’employabilité de leurs salariés.

 

* Depuis l’instauration des CQP mis en place par la CPNE FP et imposés par le ministère de l’intérieur, le nombre de centres de formation ne cesse de croitre.  Ces derniers tournent effectivement à plein régime, le nombre de cartes professionnelles valides en février 2017 était de 317 019 alors que le nombre de salariés en activité est de 160 000. Cela veut dire que les centres de formation ont formé autant d’agents qu’il n’y en a dans les entreprises en activité. Sauf que former des candidats à un emploi rapporte de l’argent, former ceux qui sont déjà en activité coute aux entreprises.

 

 

SPCL met la clé sous la porte : 120 salarié-es concerné-es

Les 120 salarié-es de SPCL, organisme qui recueille les adhésions pour France Loisirs, ont appris il y a quelques jours la liquidation judiciaire de leur entreprise. Déficitaire depuis plus de 5 ans, SPCL met donc la clé sous la porte et attend la décision du tribunal de commerce. L’arrivée d’un nouvel actionnaire en 2015, les avances de trésorerie et les efforts des salariés dont certains ont accepté des détachements temporaires dans les boutiques France Loisirs n’auront pas permis de faire face à la aux pertes cumulées engendrées par la baisse constante des adhésions. Des salarié-es ont manifesté mardi 11 juillet devant le siège parisien

La CFDT, qui a une représentativité de 100 %, travaille d’ores-et-déjà sur ses revendications pour négocier des mesures d’accompagnement et de reclassement qui pour la sécurisation de l’avenir professionnel de chacun des salarié-es « La CFDT veillera à ce que tous les salarié-es soient traités correctement et dignement » souligne Patrick SCHAFFNER, délégué syndical central.

  • Publié dans Commerce
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