Crise sociale chez Vente-privée

Le 11 mai se sont clôturées les négociations ouverte début avril sur la mise en place du CSE (et en parallèle du protocole d’accord préélectoral traité en deux réunions).

Résultat : aucune des organisations représentatives dans l’entreprise n’est signataire de cet accord dont la réciprocité des concessions est loin d’être équilibrée !

La direction de Vente-privée semble vouloir museler les syndicats en limitant considérablement leurs possibilités de recours aux expertises et la périodicité des consultations obligatoires (Orientations stratégiques et politique sociale). Parmi de nombreux autres points de divergence, il est aussi question dans ce projet d’accord de supprimer les commissions égalité professionnelle et formation professionnelle et continue, sujets au cœur des prérogatives des élus du CSE. Le supplétif reste donc bien plus avantageux (en terme de valeur) à ce stade.

La Fédération des Services CFDT se prépare donc à mettre en œuvre tous les recours à sa disposition pour que les intérêts des salariés soient représentés et défendus au mieux au sein des nouvelles instances.

Cela montre aussi les limites de l’esprit des ordonnances faisant trop confiance à la négociation en entreprise alors que l’on se retrouve face à des directions qui ne sont pas matures sur les questions de dialogue social.

Après une crise entre l’entreprise et ses salariés en avril dernier sur la question de l’intéressement, en décidant de s’attaquer aux représentants de ces derniers, Vente-privée semble avoir choisi d’aller vers un conflit social à plus long terme…

[Communiqué de presse] Sécurité Privée : la CFDT veut mettre un terme au gâchis qui sclérose le secteur

Alors que le ministère de l’Intérieur lance une consultation sur la police de sécurité du quotidien, la CFDT, première organisation syndicale dans le secteur privé, alerte une nouvelle fois les pouvoirs publics sur les nombreux points de blocages qui sclérosent l’attractivité du secteur de la sécurité privée et dégradent les conditions de travail des salariés au détriment de la sécurité des entreprises et des citoyens.

Alors que le gouvernement dit s’engager pour le renforcement du dialogue social, celui-ci y est à l’agonie avec des négociations au ralenti, des accords remis en cause malgré un secteur en pleine expansion, un chiffre d’affaires en nette progression, une augmentation régulière du nombre d’entreprises de sécurité privée et une hausse constante des effectifs.

Alors que la sécurité du quotidien demandera un engagement collectif des différents acteurs, dont ceux de la sécurité privée, la CFDT dénonce à nouveau ce qui fait le quotidien des professionnels du secteur :

  • des entreprises qui ne respectent pas la réglementation,
  • des gros groupes qui veulent dicter les règles du marché,
  • des organisations patronales impuissantes face aux divergences des entreprises adhérentes.

La CFDT déplore l’incapacité de la profession à se structurer, à se professionnaliser et à s’affirmer face aux clients malgré un rapport de force évident.

Trop c’est trop, la CFDT en appelle aux pouvoirs publics. Le ministère du Travail doit intervenir pour que les employeurs assument leurs responsabilités en matière de formation. La CFDT demande également au ministère de l’Intérieur de ne pas attribuer à la sécurité privée des missions dont certaines relèvent de l’Etat et pour lesquelles elle n’est pas assez mature.

BIOCOOP : les salariés ont fait bloc et obtenu gain de cause

Plus de la moitié des salarié.e.s des quatre magasins Biocoop situés en Mayenne a fait grève le 10 novembre pour dénoncer la dégradation des conditions de travail.  Une mobilisation qui a permis de relancer un dialogue social malmené.

Les salarié.e.s de la coopérative Biocoop Mayenne Bio Soleil, qui appartient au réseau Biocoop, étaient nombreux à répondre à l’appel à la grève de la CFDT le vendredi 10 novembre 2017. La raison ? Une politique managériale aux conséquences alarmantes pour les salarié.e.s. En seulement 18 mois, les conditions de travail se sont dégradées au point de créer un véritable mal-être parmi les employé.e.s. Sur un effectif d’environ soixante salarié.e.s, quatorze sont sorti.e.s de l’entreprise, cinq se sont déclaré.e.s en épuisement professionnel suite à des dépressions et burn-out, de nombreux.ses salarié.e.s ont été en arrêts maladie longue durée et deux représentant.e.s du personnel ont démissionné sans être remplacé.e.s. Une situation catastrophique due à une pression constante devenue malsaine.

Une mobilisation qui a porté ses fruits

Après avoir essayé, sans succès, d’alerter la direction en juin dernier lors d’une réunion collégiale, les salarié.e.s n’ont eu d’autre recours que de débrayer. Une mobilisation qui a été bénéfique puisqu’elle a permis d’attirer l’attention des dirigeants sur des problèmes qu’ils sous-estimaient.

Zoubida Yougil, secrétaire générale du syndicat CFDT-Services du Maine, était là pour soutenir les salarié.e.s : « Lors de la négociation du protocole de sortie de crise, les dirigeants ont reconnu des défaillances à leur niveau et ont fait preuve d’une volonté d’avancer. Nous avons obtenu une grande partie de ce que nous revendiquions. Pour ce qui est des autres revendications, elles pourront être discutées lors des NAO, comme la revalorisation des salaires de l’ensemble du personnel par exemple. Nous sommes satisfaits de la négociation, c’était un véritable dialogue comme nous le défendons à la CFDT et je pense que cela a facilité les choses avec la direction ». Direction qui s’est notamment engagée à :

  • Mettre en place un audit social et une commission de suivi des actions menées suite à cet audit comprenant entre autres des représentants des salariés et des responsables de magasin ;
  • Mettre en place une formation gestes et postures et à débuter une réflexion sur le déploiement de moyens de manutentions électriques ;
  • Remplacer les salarié.e.s en arrêt maladie depuis plus de 48 heures ;
  • Revaloriser les salaires pour les personnes ayant le CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) ;
  • Rechercher un psychologue du travail et mettre en place une permanence téléphonique pour les salarié.e.s ;
  • Être totalement transparente sur la situation de ses magasins comparé aux autres Biocoop du réseau.

 « En plus d’obtenir des engagements pour l’ensemble des salarié.e.s, nous avons pu débloquer des situations personnelles  comme des passages de temps partiels en temps complet et une mutation pour rapprochement du lieu de domicile qui étaient demandés depuis plusieurs mois » ajoute Ambre Coursière, représentante de la section syndicale CFDT, également présente lors des négociations pour défendre ses collègues.

« La solidarité, c’est ce qui fait bouger les choses »

La présence de représentant.e.s de la CFDT aux côtés des salarié.e.s a été essentielle pour faire avancer la situation. « J’ai vu que les salarié.e.s se sentaient soutenu.e.s et plus fort.e.s avec une structure comme la CFDT à leurs côtés » nous confie Zoubida Yougil. « Nous avons reçu des mails de remerciement de plusieurs salarié.e.s et j’ai vu une réelle solidarité  entre mes collègues. La direction a pris des engagements mais cela ne m’empêchera pas de rester vigilante quant à leur mise en œuvre. Nous restons soudés et sommes tous prêts à nous mobiliser à nouveau si besoin.  Notre mobilisation est la démonstration que c’est la solidarité entre les salarié.e.s qui fait réellement bouger les choses.» conclue Ambre Coursière.

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