BIOCOOP : les salariés ont fait bloc et obtenu gain de cause

Plus de la moitié des salarié.e.s des quatre magasins Biocoop situés en Mayenne a fait grève le 10 novembre pour dénoncer la dégradation des conditions de travail.  Une mobilisation qui a permis de relancer un dialogue social malmené.

Les salarié.e.s de la coopérative Biocoop Mayenne Bio Soleil, qui appartient au réseau Biocoop, étaient nombreux à répondre à l’appel à la grève de la CFDT le vendredi 10 novembre 2017. La raison ? Une politique managériale aux conséquences alarmantes pour les salarié.e.s. En seulement 18 mois, les conditions de travail se sont dégradées au point de créer un véritable mal-être parmi les employé.e.s. Sur un effectif d’environ soixante salarié.e.s, quatorze sont sorti.e.s de l’entreprise, cinq se sont déclaré.e.s en épuisement professionnel suite à des dépressions et burn-out, de nombreux.ses salarié.e.s ont été en arrêts maladie longue durée et deux représentant.e.s du personnel ont démissionné sans être remplacé.e.s. Une situation catastrophique due à une pression constante devenue malsaine.

Une mobilisation qui a porté ses fruits

Après avoir essayé, sans succès, d’alerter la direction en juin dernier lors d’une réunion collégiale, les salarié.e.s n’ont eu d’autre recours que de débrayer. Une mobilisation qui a été bénéfique puisqu’elle a permis d’attirer l’attention des dirigeants sur des problèmes qu’ils sous-estimaient.

Zoubida Yougil, secrétaire générale du syndicat CFDT-Services du Maine, était là pour soutenir les salarié.e.s : « Lors de la négociation du protocole de sortie de crise, les dirigeants ont reconnu des défaillances à leur niveau et ont fait preuve d’une volonté d’avancer. Nous avons obtenu une grande partie de ce que nous revendiquions. Pour ce qui est des autres revendications, elles pourront être discutées lors des NAO, comme la revalorisation des salaires de l’ensemble du personnel par exemple. Nous sommes satisfaits de la négociation, c’était un véritable dialogue comme nous le défendons à la CFDT et je pense que cela a facilité les choses avec la direction ». Direction qui s’est notamment engagée à :

  • Mettre en place un audit social et une commission de suivi des actions menées suite à cet audit comprenant entre autres des représentants des salariés et des responsables de magasin ;
  • Mettre en place une formation gestes et postures et à débuter une réflexion sur le déploiement de moyens de manutentions électriques ;
  • Remplacer les salarié.e.s en arrêt maladie depuis plus de 48 heures ;
  • Revaloriser les salaires pour les personnes ayant le CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) ;
  • Rechercher un psychologue du travail et mettre en place une permanence téléphonique pour les salarié.e.s ;
  • Être totalement transparente sur la situation de ses magasins comparé aux autres Biocoop du réseau.

 « En plus d’obtenir des engagements pour l’ensemble des salarié.e.s, nous avons pu débloquer des situations personnelles  comme des passages de temps partiels en temps complet et une mutation pour rapprochement du lieu de domicile qui étaient demandés depuis plusieurs mois » ajoute Ambre Coursière, représentante de la section syndicale CFDT, également présente lors des négociations pour défendre ses collègues.

« La solidarité, c’est ce qui fait bouger les choses »

La présence de représentant.e.s de la CFDT aux côtés des salarié.e.s a été essentielle pour faire avancer la situation. « J’ai vu que les salarié.e.s se sentaient soutenu.e.s et plus fort.e.s avec une structure comme la CFDT à leurs côtés » nous confie Zoubida Yougil. « Nous avons reçu des mails de remerciement de plusieurs salarié.e.s et j’ai vu une réelle solidarité  entre mes collègues. La direction a pris des engagements mais cela ne m’empêchera pas de rester vigilante quant à leur mise en œuvre. Nous restons soudés et sommes tous prêts à nous mobiliser à nouveau si besoin.  Notre mobilisation est la démonstration que c’est la solidarité entre les salarié.e.s qui fait réellement bouger les choses.» conclue Ambre Coursière.

Les salarié.e.s des magasins Biocoop Mayenne Bio Soleil se mobilisent pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail

Les salarié.e.s des cinq magasins Biocoop situés en Mayenne ont décidé de faire grève ce vendredi 10 novembre pour dénoncer une politique managériale aux conséquences alarmantes pour les salarié.e.s et l'entreprise à laquelle ils et elles sont attaché.e.s. 

En seulement 18 mois, sur un effectif d’environ 60 salarié.e.s, la CFDT  déplore :

  • 14 départs de salarié.e.s,
  •  5 salariés en épuisement professionnel (dépression et burn out),
  • 2 démissions de représentant.e.s du personnel (à ce jour non remplacés),
  •  … et de nombreux arrêts maladie longue durée !

Ces indicateurs prouvent un malaise réel et persistant dû à une pression devenue malsaine à force de constance. Le 8 juin dernier, lors d’une réunion collégiale, les salarié.e.s et la CFDT ont alerté la direction ... sans succès !

Une telle politique managériale est en complète contradiction avec les valeurs portées par BIOCOOP et pour lesquelles nous militons.

La CFDT et LES SALARIE.E.S demandent  :

  • Un audit social indépendant (avec commission de suivi),
  • Les élections des représentant.e.s du personnel,
  • Une revalorisation équitable des salaires,
  • Une prise en charge des suivis psychologiques,
  • La subrogation pour maintien de salaire lors des arrêts maladie,
  • Le remplacement du personnel absent,
  • Le passage des CDD en CDI et la fin des temps partiels subis,
  • Du matériel plus adapté (élévateur électrique, escabeau sécurisé, etc … )
  • Publié dans Commerce

La forte mobilisation des salarié-es de FDG a produit des résultats : la reprise des négociations a permis d’aboutir à des avancées

L’intersyndicale CFDT –CGT-CFE/CGC et FO avait appelé les salarié-es à la grève suite à des négociations annuelles obligatoires infructueuses dans l’entreprise de commerce de gros FDG Group. Le succès de la mobilisation, avec 75 % des salarié-es en grève fin juin, a permis la réouverture des négociations. Si celles-ci ont été tendues, elles ont néanmoins permis d’aboutir au bout de deux jours à une sortie de crise avec des avancées satisfaisantes :

  • l’augmentation de 15 € en supplément des 15 € déjà accordés lors de la première négociation d'avril 2017 avec rappel à partir d'avril. Cela représente sur la paie de juillet une augmentation de 15 euros ainsi que 45 euros de rattrapage ;
  • l’augmentation d’environ 300 € par salarié du budget du CE ;
  • la finalisation et l’application des nouvelles rémunérations en janvier 2018 ;
  • la finalisation des fiches et l’application de postes logistique en janvier 2018 ;
  • l’ouverture de négociations pour un accord d’intéressement en 2018 ;
  • la neutralisation des effets négatifs sur les paies de la marchandise gratuite donnée aux clients.

L’union fait la force, les salariés de FDG l’ont bien compris et les résultats sont là.

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