Prévention sécurité : les organisations syndicales stoppent les négociations

La stratégie patronale, qui consiste à accepter les exigences toujours plus nombreuses des clients et à pratiquer le moins disant commercial, lors des appels d’offres, risque de détruire un secteur déjà en dégénérescence sociale et économique.

Les employeurs ont pour stratégie de rémunération de faire coller le premier coefficient de la grille des minimas conventionnels au SMIC, ce qui provoque l’effondrement de la grille salariale des 170 000 salariés du secteur.

Aujourd’hui, deux coefficients sont en dessous du SMIC et un troisième est menacé : au 1er janvier 2019, le SMIC est passé à 1 521,22 € alors que les coefficients 120 et 130 de la grille sont respectivement à 1 482,51 € et à 1 501, 94 €. Le coefficient 140 est quant à lui à seulement 1 546,99 €. Même l’augmentation de 1,2% prévue à l’accord du 17 septembre 2018, dont l’extension n’a toujours pas eu lieu, ne suffira pas à modifier cette situation intolérable.

Les organisations syndicales ont demandé d’aborder la question des salaires en priorité lors de la mixte du 18 janvier 2019. Ce à quoi les employeurs ont déclaré ne pas avoir de mandat sur la question des rémunérations.

Les organisations syndicales FO - CFE/CGC - CFDT- CGT et CFTC, ont décidé de prendre leurs responsabilités en suspendant toutes les négociations en cours tant qu’une solution pérenne sur les salaires ne sera pas trouvée.

Pour rappel, à l’occasion du colloque du Club des Directeurs de la Sûreté et de la Sécurité des Entreprises (CDSE) le ministre de l’intérieur Christophe CASTANER, avait déclaré le 18 décembre 2018 « Le secteur de la sécurité privé aspire, et c’est légitime au vu des efforts déjà consentis, à entrer dans l’ère de la maturité et de la confiance ». Il avait ensuite annoncé la suppression de la taxe CNAPS en déclarant que 2019 serait sa dernière année de paiement, ajoutant « qu’il s’agit là d’un geste concret et d’un effort important qui doit contribuer aux choix sur les investissements nécessaires pour renforcer l'attractivité des métiers de la sécurité ».

Pour les organisations syndicales, l’attractivité passe par une reconnaissance salariale digne de ce nom. Aux employeurs et à l’Etat d’assumer leurs responsabilités.

Réforme du compte de pénibilité : des questions en suspens

La Fédération des Services prend acte de la réforme du compte pénibilité. Elle se félicite de son maintien dans l’état avec la prise en compte de six critères : travail de nuit, travail répétitif, travail en équipes successives alternantes, le bruit, les températures extrêmes et les activités exercées en milieu hyperbare.

Elle reste cependant très interrogative sur les nouvelles modalités :

  • les cotisations obligatoires des employeurs sont supprimées, qui va assumer le financement de la pénibilité ?
  • les quatre autres critères - charges lourdes, vibration, produits chimiques, et postures pénibles – seront pris en charge au titre des maladies professionnelles. Quel organisme est en capacité d’organiser ces visites médicales ?

Même si le compte se dénomme désormais « compte de prévention », il n’en reste pas moins une mesure de justice pour tous les salariés dont l’espérance de vie est impactée à cause du travail. La Fédération se félicite de l’existence sur son secteur de six référentiels de branches et d’un accord de branche (blanchisserie, teinturerie et nettoyage). Ce dernier démontre non seulement la faisabilité mais que la négociation dans le domaine de la prévention des risques professionnels est possible.

 

Pour une sécurité privée efficace au service de la prévention des malveillances !

Le drame survenu à Nice, mais aussi au Bataclan, au stade de France, à Toulouse, démontre bien que la menace potentielle est partout. Ce n’est pas pour autant que nous devons céder à la psychose ou pire au fatalisme. Une sécurité citoyenne s’impose, il appartient à toutes et à tous de faire preuve de vigilance au quotidien.

La sécurité doit être repensée et adaptée aux différents types d’insécurité auxquels nous sommes confrontés depuis quelques années. Le nombre de caméras à Nice n’a pas empêché le poids lourd d’aller sur la zone piétonne de la promenade des Anglais. De même que des services de renseignement électronique sans des effectifs humains sur le terrain réduit l’efficacité recherchée. Cela démontre que quelle que soit la technologie utilisée, des effectifs humains doivent être associés et leurs missions conjuguées adaptées aux situations.

Si l'Etat ne peut pas mettre un policier, un gendarme ou un militaire derrière chaque citoyen, ce dernier, faute de pouvoir recruter en masse, fait de plus en plus appel à la sécurité privée pour sécuriser des lieux publics.

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