Réforme du compte de pénibilité : des questions en suspens

La Fédération des Services prend acte de la réforme du compte pénibilité. Elle se félicite de son maintien dans l’état avec la prise en compte de six critères : travail de nuit, travail répétitif, travail en équipes successives alternantes, le bruit, les températures extrêmes et les activités exercées en milieu hyperbare.

Elle reste cependant très interrogative sur les nouvelles modalités :

  • les cotisations obligatoires des employeurs sont supprimées, qui va assumer le financement de la pénibilité ?
  • les quatre autres critères - charges lourdes, vibration, produits chimiques, et postures pénibles – seront pris en charge au titre des maladies professionnelles. Quel organisme est en capacité d’organiser ces visites médicales ?

Même si le compte se dénomme désormais « compte de prévention », il n’en reste pas moins une mesure de justice pour tous les salariés dont l’espérance de vie est impactée à cause du travail. La Fédération se félicite de l’existence sur son secteur de six référentiels de branches et d’un accord de branche (blanchisserie, teinturerie et nettoyage). Ce dernier démontre non seulement la faisabilité mais que la négociation dans le domaine de la prévention des risques professionnels est possible.

 

Pour une sécurité privée efficace au service de la prévention des malveillances !

Le drame survenu à Nice, mais aussi au Bataclan, au stade de France, à Toulouse, démontre bien que la menace potentielle est partout. Ce n’est pas pour autant que nous devons céder à la psychose ou pire au fatalisme. Une sécurité citoyenne s’impose, il appartient à toutes et à tous de faire preuve de vigilance au quotidien.

La sécurité doit être repensée et adaptée aux différents types d’insécurité auxquels nous sommes confrontés depuis quelques années. Le nombre de caméras à Nice n’a pas empêché le poids lourd d’aller sur la zone piétonne de la promenade des Anglais. De même que des services de renseignement électronique sans des effectifs humains sur le terrain réduit l’efficacité recherchée. Cela démontre que quelle que soit la technologie utilisée, des effectifs humains doivent être associés et leurs missions conjuguées adaptées aux situations.

Si l'Etat ne peut pas mettre un policier, un gendarme ou un militaire derrière chaque citoyen, ce dernier, faute de pouvoir recruter en masse, fait de plus en plus appel à la sécurité privée pour sécuriser des lieux publics.

La CFDT dénonce les méthodes brutales du patronat de la prévention sécurité

Alors que le secteur de la prévention sécurité devra recruter dans les prochains mois des milliers de salariés pour la coupe d’Europe de football en France en juin 2016 ;

Alors que de nombreux emplois ne sont pas pourvus ;

Alors que le secteur est encore montré du doigt du fait des comportements nuisibles de certaines sociétés … ;

Alors que le CNAPS*, censé réguler le secteur, prévoit la présence des organisations patronales (dont l’Union des Entreprises de Sécurité Privée*) mais pas celle des organisations syndicales ;

Alors que la CFDT souhaite réellement valoriser ce secteur pourvoyeur d’emplois ;

une organisation patronale considère que le dialogue social ne va pas dans son sens, c’est-à-dire vers moins de droits pour les salariés. Elle a donc tout simplement décidé de dénoncer l’accord relatif aux classifications professionnelles des métiers de la prévention sécurité qui date de 2006 et dont les négociations avaient mis plus de 17 ans àd’aboutir.

La Fédération des Services dénonce ces pratiques déloyales qui desservent les intérêts des entreprises mais avant tout des salariés.

La CFDT exige l’ouverture rapide de négociations loyales.

*Conseil National des Activités Privées de Sécurité: établissement administratif chargé de l'agrément, du contrôle et du conseil des professions de sécurité privées.

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