Casinos-Jeux : la CFDT avance ses revendications

Le 1er et 2 mars 2018, les mandatés fédéraux CFDT se sont réunis pour échanger, s’approprier les enjeux des nouveautés législatives et élaborer des revendications communes pour défendre les salariés du secteur.

Travail de nuit

Les représentant.e.s CFDT des salarié.e.s des casinos font de la valorisation du travail de nuit leur première revendication.

Ces contraintes font partie des critères de pénibilités qui ont un impact sur la vie privée et familiale, ainsi que sur la santé des salariés. Les élus CFDT demandent que le travail de nuit soit négocié dans les accords QVT et pénibilité pour y inscrire :

  • La mise en place d’un palier de jours de repos en fonction du nombre d’heures de nuit travaillées :
    • 200 h => 3 jours
    • 400 h => 4 jours
    • 500 h => 5 jours
    • 600 h => 6 jours
    • 800 h => 7 jours
    • 1000 h => 8 jours
    • 1600 h => 12 jours
  • Une compensation financière par paliers sur la rémunération brute :
    • 600 h => 10% 
    • 600 à 800 h => 15%
    • 800 à 1000 h => 20%
    • Plus de 1000 h => 30 %

Une visite médicale annuelle obligatoire et un suivi médical adapté à partir de 45 ans ;

Un accès facilité à la formation : la formation « gestion du sommeil » obligatoire et des formations e-learning en horaires de nuit ou centre de formation qui vient avec des horaires adaptés et adaptation du planning ;

Une priorité reconnue pour passer au travail de jour sans perte de salaire et une formation automatique au nouveau poste ;

Une prime de transport pour l’utilisation de la voiture de nuit ;

L’application effective de la législation existante : application de l’avenant 9 de la convention collective nationale, la prise en compte dans le compte pénibilité (C2P) ;

Un recours dégressif au travail de nuit suivant l’âge du salarié : mise en place à partir de 55-57 ans d’un 4-2 puis 3-2 ans ou d’un repos complémentaire. Limiter les heures de fermetures suivant l’âge des salariés. Le tout sans perte de rémunération, notamment pour la rémunération variable.

Rémunérations

Les représentants CFDT des salariés des casinos-jeux demandent une revalorisation générale des salaires dans les casinos ayant une bonne santé économique. En effet, le pouvoir d’achat des salariés des casinos est en diminution depuis plusieurs années.

  • Un 13e mois pour tous les salariés
  • Un accord de participation mis en place dans tous les casinos.

Conditions de travail

Les représentants CFDT alertent sur les conditions de travail dans les casinos qui exposent leurs salariés aux hautes ou basses températures : surpopulation dans les salles de jeux, espaces ouverts ou en semi-extérieur etc. Ces derniers provoquent également des risques de tabagisme passif.

Sécurité 

Les représentant.e.s CFDT des salarié.e.s des casinos-jeux demandent une meilleure prise en compte de la sécurité dans les casinos-jeux. Dans un contexte de montée des incivilités (manque de respect envers les salarié.e.s, violences verbales, menaces) et anxiogène suite aux attentats, une réflexion et une augmentation des moyens sont nécessaires pour préserver les conditions de travail des salariés, des personnels de sécurité et des clients.

Le rôle des agents de sécurité et leur marge d’action doit être claire et mieux définie. La formation des agents pour détenir la carte professionnelle est une priorité au vue du décret afférent.

Aujourd’hui, une confusion ou un manque de moyens fait que des agents de sécurité ne peuvent pas agir dans les conditions nécessaires pour garantir la sécurité.

  • Les représentants CFDT revendiquent l’installation de dispositifs de sécurité dans les casinos : portiques, issues de service, moyens de protection renforcées.
  • Les représentants CFDT des salariés des casinos-jeux demandent des missions définies dans les fiches de postes pour les agents de sécurité stipulant les marges d’actions et explicitant la prise de décision.

Clubs de jeux

La mise en place de clubs de jeux depuis le 1er janvier 2018 demande une vigilance et un accompagnement par les élus des casinos. Il s’agit à la fois d’apporter des revendications protectrices pour ces futurs salariés s’ils sont sous la même convention collective, et de préserver le secteur des casinos.

Polyactivité & polyvalence

La polyactivité et la polyvalence doivent être limitées et, si leur recours est nécessaire, la reconnaissance doit être valorisée (rémunération, compétence, classification).

La polyvalence / polyactivité ne doivent jamais être synonyme de substitution de poste ou un frein à l’embauche.

Contrats précaires

Les représentants CFDT des salariés des casinos-jeux mettent en garde quant au recours aux contrats précaires (CDD, temps partiels, extras) qui tendent à se multiplier, et ce même dans les casinos en bonne santé économique.

[Communiqué de presse] Sécurité Privée : la CFDT veut mettre un terme au gâchis qui sclérose le secteur

Alors que le ministère de l’Intérieur lance une consultation sur la police de sécurité du quotidien, la CFDT, première organisation syndicale dans le secteur privé, alerte une nouvelle fois les pouvoirs publics sur les nombreux points de blocages qui sclérosent l’attractivité du secteur de la sécurité privée et dégradent les conditions de travail des salariés au détriment de la sécurité des entreprises et des citoyens.

Alors que le gouvernement dit s’engager pour le renforcement du dialogue social, celui-ci y est à l’agonie avec des négociations au ralenti, des accords remis en cause malgré un secteur en pleine expansion, un chiffre d’affaires en nette progression, une augmentation régulière du nombre d’entreprises de sécurité privée et une hausse constante des effectifs.

Alors que la sécurité du quotidien demandera un engagement collectif des différents acteurs, dont ceux de la sécurité privée, la CFDT dénonce à nouveau ce qui fait le quotidien des professionnels du secteur :

  • des entreprises qui ne respectent pas la réglementation,
  • des gros groupes qui veulent dicter les règles du marché,
  • des organisations patronales impuissantes face aux divergences des entreprises adhérentes.

La CFDT déplore l’incapacité de la profession à se structurer, à se professionnaliser et à s’affirmer face aux clients malgré un rapport de force évident.

Trop c’est trop, la CFDT en appelle aux pouvoirs publics. Le ministère du Travail doit intervenir pour que les employeurs assument leurs responsabilités en matière de formation. La CFDT demande également au ministère de l’Intérieur de ne pas attribuer à la sécurité privée des missions dont certaines relèvent de l’Etat et pour lesquelles elle n’est pas assez mature.

BIOCOOP : les salariés ont fait bloc et obtenu gain de cause

Plus de la moitié des salarié.e.s des quatre magasins Biocoop situés en Mayenne a fait grève le 10 novembre pour dénoncer la dégradation des conditions de travail.  Une mobilisation qui a permis de relancer un dialogue social malmené.

Les salarié.e.s de la coopérative Biocoop Mayenne Bio Soleil, qui appartient au réseau Biocoop, étaient nombreux à répondre à l’appel à la grève de la CFDT le vendredi 10 novembre 2017. La raison ? Une politique managériale aux conséquences alarmantes pour les salarié.e.s. En seulement 18 mois, les conditions de travail se sont dégradées au point de créer un véritable mal-être parmi les employé.e.s. Sur un effectif d’environ soixante salarié.e.s, quatorze sont sorti.e.s de l’entreprise, cinq se sont déclaré.e.s en épuisement professionnel suite à des dépressions et burn-out, de nombreux.ses salarié.e.s ont été en arrêts maladie longue durée et deux représentant.e.s du personnel ont démissionné sans être remplacé.e.s. Une situation catastrophique due à une pression constante devenue malsaine.

Une mobilisation qui a porté ses fruits

Après avoir essayé, sans succès, d’alerter la direction en juin dernier lors d’une réunion collégiale, les salarié.e.s n’ont eu d’autre recours que de débrayer. Une mobilisation qui a été bénéfique puisqu’elle a permis d’attirer l’attention des dirigeants sur des problèmes qu’ils sous-estimaient.

Zoubida Yougil, secrétaire générale du syndicat CFDT-Services du Maine, était là pour soutenir les salarié.e.s : « Lors de la négociation du protocole de sortie de crise, les dirigeants ont reconnu des défaillances à leur niveau et ont fait preuve d’une volonté d’avancer. Nous avons obtenu une grande partie de ce que nous revendiquions. Pour ce qui est des autres revendications, elles pourront être discutées lors des NAO, comme la revalorisation des salaires de l’ensemble du personnel par exemple. Nous sommes satisfaits de la négociation, c’était un véritable dialogue comme nous le défendons à la CFDT et je pense que cela a facilité les choses avec la direction ». Direction qui s’est notamment engagée à :

  • Mettre en place un audit social et une commission de suivi des actions menées suite à cet audit comprenant entre autres des représentants des salariés et des responsables de magasin ;
  • Mettre en place une formation gestes et postures et à débuter une réflexion sur le déploiement de moyens de manutentions électriques ;
  • Remplacer les salarié.e.s en arrêt maladie depuis plus de 48 heures ;
  • Revaloriser les salaires pour les personnes ayant le CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) ;
  • Rechercher un psychologue du travail et mettre en place une permanence téléphonique pour les salarié.e.s ;
  • Être totalement transparente sur la situation de ses magasins comparé aux autres Biocoop du réseau.

 « En plus d’obtenir des engagements pour l’ensemble des salarié.e.s, nous avons pu débloquer des situations personnelles  comme des passages de temps partiels en temps complet et une mutation pour rapprochement du lieu de domicile qui étaient demandés depuis plusieurs mois » ajoute Ambre Coursière, représentante de la section syndicale CFDT, également présente lors des négociations pour défendre ses collègues.

« La solidarité, c’est ce qui fait bouger les choses »

La présence de représentant.e.s de la CFDT aux côtés des salarié.e.s a été essentielle pour faire avancer la situation. « J’ai vu que les salarié.e.s se sentaient soutenu.e.s et plus fort.e.s avec une structure comme la CFDT à leurs côtés » nous confie Zoubida Yougil. « Nous avons reçu des mails de remerciement de plusieurs salarié.e.s et j’ai vu une réelle solidarité  entre mes collègues. La direction a pris des engagements mais cela ne m’empêchera pas de rester vigilante quant à leur mise en œuvre. Nous restons soudés et sommes tous prêts à nous mobiliser à nouveau si besoin.  Notre mobilisation est la démonstration que c’est la solidarité entre les salarié.e.s qui fait réellement bouger les choses.» conclue Ambre Coursière.

S'abonner à ce flux RSS

Outils


Bulletin d'adhésion


Partenaires

A propos